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Les établissements de la formation professionnelle ont presque doublé en 17 ans

L’offre ne suit pas la demande selon le Conseil supérieur

Selon M. Miraoui, «la manière d’enseigner doit changer. Le mode d’enseignement est ancien. Nous devons prendre en charge un enseignement de nouvelle génération».

Le nombre des établissements de la formation professionnelle relevant de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) est passé, en 17 ans, de 185 à 362 aujourd’hui. Le chiffre est précisé, mercredi à Rabat, par Abdellatif Miraoui, président du groupe chargé du rapport consacré à la réforme de la formation professionnelle par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Une étude présentée, lors d’une rencontre avec la presse, à l’issue de la 15ème session du Conseil qui vient de se tenir. Quant au nombre d’inscrits à la formation initiale, il est, selon M. Miraoui, également président de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, passé de 133.000 en 2000 à 413.000 aujourd’hui. Au-delà de ces données, la formation professionnelle fait face à des défis de taille.

Absence de filières intéressantes en formation professionnelle

Comme le précise M. Miraoui, «certaines filières sont intéressantes pour le pays, mais personne ne s’y intéresse». Dans ce sens, il conduit l’exemple de l’agriculture et la pêche maritime entre autres. Cependant, d’autres filières suivent le rythme des avancées du pays. «Le budget alloué à la formation professionnelle est limité», enchaîne-t-il. Aussi, l’offre ne suit pas la demande. «Il existe un siège sur 4 demandes pour certaines filières», ajoute-t-il. Dans le secteur privé, les établissements de formation professionnelle sont nombreux alors que les étudiants ne le sont pas. L’offre est également rarissime dans les régions hormis les villes de Rabat, Casablanca et Tanger. M. Miraoui évoque en plus l’inexistence de passerelles en formation professionnelle. A ce propos, il met l’accent sur le manque de chevauchement entre le cycle de formation professionnelle et celui normal. C’est pourquoi M. Miraoui ainsi que le Conseil proposent d’intégrer la formation professionnelle en enseignement supérieur. «Il faut développer les soft skills et la digitalisation tout en valorisant la formation professionnelle qui fait l’objet d’une mentalité négative», ajoute M. Miraoui. Par l’occasion, il rappelle un chiffre alarmant. «300.000 jeunes n’ont pas de diplômes. Il faut les prendre en charge», martèle-t-il. Concernant les langues, il estime qu’il faut en maîtriser au moins deux. Le pari sera, selon ses dires, gagné avec 3 langues. Et ce n’est pas tout !

Un mode d’enseignement désuet

M. Miraoui aborde également la méthodologie d’enseignement. «La manière d’enseigner doit changer. Le mode d’enseignement est ancien. Nous devons prendre en charge un enseignement de nouvelle génération». Dans ce sens, il parle de «maîtrise ou d’empowerment». En d’autres termes, il faut, comme il le précise, apprendre à l’élève à apprendre et «non à gaver». Ces écueils sont, selon ses dires, loin d’être l’apanage du Maroc. Cela étant, le CSEFRS a, de plus, examiné lors de sa 15ème session, deux rapports supplémentaires. Le premier a trait aux enfants en situation de handicap. Quant au deuxième il concerne l’apprentissage de la lecture par les élèves selon l’étude internationale PIRLS 2016. 

Un programme d’évaluation des acquis

A propos de l’évaluation de la lecture des élèves, la directrice de l’Instance nationale de l’évaluation rappelle que celle-ci rentre dans le cadre d’une étude internationale (PIRLS). Le Maroc y a participé à plusieurs reprises. Entre 2011 et 2016, le classement du Maroc a, selon Mme Bourqia, changé.

«Le Maroc a ajouté 48 points en 2016 par rapport à 2011», détaille la directrice de l’instance qui présentera, selon ses dires, un programme d’évaluation des acquis en mai prochain. Il ressort également du rapport du Conseil  l’évaluation de la lecture des élèves, comme l’indique Mme Bourqia, que «l’impact de l’élève est plus important que celui de l’école». La directrice évalue cet impact de l’élève à 67%.

«Cependant, l’élève ne peut pas remplacer l’école censée le hisser  par rapport à son entourage et lui permettre de réaliser une ascension sociale et cognitive», tempère-t-elle. Pour Mme Bourqia, l’école doit avoir une performance tout en interrogeant sa fonction et mission principale.