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L’ODT revendique la révision de l’ALE avec la Turquie

Dans un rapport sur la situation des PME et TPE marocaines, l’Organisation démocratique du travail indique que le marché est submergé de produits turcs avec des prix défiant toute concurrence. D’où une fragilisation des entreprises marocaines.

Encourager à consommer marocain. Voilà l’une des recommandations phares de l’Organisation démocratique du travail (ODT) adressées au gouvernement. La centrale syndicale dresse un sombre tableau de la situation de la PME et la TPE au Maroc. Si ces dernières vont aujourd’hui mal, très mal, selon l’ODT, c’est bien parce que l’État n’entreprend pas les efforts nécessaires pour les immuniser contre la concurrence étrangère, notamment turque et chinoise. «Le marché marocain est submergé de produits étrangers avec des prix défiant toute concurrence. Ce qui fragilise la PME et la TPE marocaines qui laissent des plumes et voient leurs produits boudés par le consommateur», constatent les auteurs du rapport rendu public le 25 juillet.

 

Pour l’ODT, les entreprises étrangères dament actuellement le pion aux PME marocaines dans l’adjudication des marchés publics, non pas parce que l’entreprise marocaine est sous-qualifiée, mais plutôt parce que des opérateurs étrangers recourent à des pratiques anticoncurrentielles pour s’adjuger des commandes publiques. Résultats des courses, de médiocres prestations rendues et une condamnation à mort des PME marocaines. Dans son document, l’ODT affirme que plusieurs projets de marchés publics remportés par des entreprises étrangères ont été abandonnés en cours de route pour des raisons dérisoires. Et le comble selon l’ODT c’est que la commande publique se fait de plus en plus maigre. «La commande publique aura baissé de 50% sur les trois dernières années», argue la centrale de Ali Lotfi. Et la situation a encore empiré, d’après le rapport, avec les coupes budgétaires de 15 milliards de dirhams décidées par le gouvernement Benkirane.

Même si à maintes reprises le ministre démissionnaire de l’Économie et des finances, Nizar Baraka affirmait que cela n’allait aucunement impacter les projets en cours et ceux à lancer,  l’ODT soutient que les coupes budgétaires impacteront à court et moyen termes la santé financière des PME et TPE. «Plusieurs d’entre elles risquent de mettre la clé sous le paillasson et de supprimer des centaines de postes d’emplois», relève le syndicat. Celui-ci n’entrevoit aucune lueur d’optimisme pour l’épanouissement des PME et TPE marocaines dans un contexte économique difficile assorti de la lourdeur du système fiscal, du poids de l’informel et des produits de contrebande. La centrale syndicale évoque également l’effet des accords de libre-échange et cite notamment l’exemple de celui signé avec la Turquie en 2004. «À cause de cet accord, le marché marocain a été inondé de produits turcs.

Il n’y a pas d’équilibre dans les échanges entre les deux pays, ce qui menace plusieurs entreprises marocaines de disparation», observe l’ODT. Ce que craint la formation syndicale, c’est qu’un scénario similaire à celui de l’accord de libre-échange entre les États-Unis et le Mexique qui a causé la faillite de plus de 28 000 entreprises mexicaines se reproduise au Maroc. «Nous n’en sommes pas loin, car nombreuses sont les PME et TPE qui pédalent dans le vide et risquent de faire faillite à cause cet accord de libre-échange avec la Turquie», argumentent les experts syndicaux. De même avec l’Union européenne, l’ODT assure que les échanges commerciaux du Maroc connaissent un niveau de déficit inquiétant : 150 milliards de dirhams. Le déficit est de 18 milliards de dirhams avec le pays de l’Oncle Sam et de quelque 5,2 milliards avec la Turquie «Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que, malheureusement, le Maroc n’a tiré aucun bénéfice de ces ALE. Car il aurait fallu mettre en place des mécanismes d’accompagnement et de protection des entreprises locales. Ce qui n’a pas été le cas», relève l’ODT.

Face à cette situation, la centrale syndicale formule d’autres recommandations au gouvernement. Pour elle, il va falloir repenser les instruments d’accompagnement des TPE, et PME, car les programmes mis en place tels que Moussanada et Imtiaz affichent des résultats peu probants. Et pour encourager les entreprises marocaines et doper leurs performances, l’ODT demande au gouvernement de réfléchir à des mécanismes de protection du marché national des produits de contrebande et des produits étrangers à très bas prix. La formation syndicale revendique même une révision de l’accord de libre-échange avec la Turquie.

LE MATIN

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